Interview : « Cette situation est un coup dur pour le football et le club »
Que ce soit chez les jeunes ou les joueurs Elites, la vie s’est momentanément figée au club. Alors que toutes les compétitions ont cessé, que les entrainements sont suspendus, nous avons recueillis les propos de Patrick Trotignon, président délégué de la SAS Grand Genève et de Jean-Louis Escoffier, président de l’association Thonon Evian GG FC.
M.B. : Cette suspension des championnats et entrainements est un nouveau coup dur pour le club et le football en général ?

Patrick Trotignon, président délégué de la SAS Grand Genève
Patrick Trotignon : « Bien évidemment cette situation est un coup dur pour le pour le football en général et pour le club bien évidemment aussi. Les matchs qui se sont joués depuis le début de saison ont été disputés dans des conditions très particulières puisqu’un certain nombre de clubs ont dû reporter les matchs et jouer des rencontres avec des effectifs plus ou moins amputés de joueurs déjà touchés par l’épidémie donc on peut dire qu’on vit une situation économique difficile dans un contexte compliqué pour le territoire français, européen et mondiale. Quand on s’intéresse à notre petit niveau et sur notre petit territoire c’est sûr que l’activité qui nous concerne et le football en général va être très impactés par cette situation. »
M.B. : Comment s’est organisée l’association tant au niveau des salariés que des licenciés suite à la décision qui a stoppé les compétitions et entraînements ?
Jean-Louis Escoffier : « A défaut de s’organiser, on s’est adapté en respectant les directives gouvernementales, à savoir chômage technique et tout dispositif en vigueur pour passer ces mauvais moments »
M.B. : Comment imaginez-vous la suite de la saison et des championnats avec tous ces matches en retard et l’arrêt de la Coupe de France ?
Patrick Trotignon : « Il est très difficile d’imaginer la suite et la difficulté, c’est le manque de visibilité. On ne sait pas combien de temps on sera arrêté ni quand on va pouvoir reprendre et dans quelles conditions. Personnellement je n’imagine même pas de quoi sera fait le championnat cette saison parce que selon la période à laquelle on pourra reprendre, il y aura évidemment beaucoup de matchs en retard qui seront sans doute à récupérer. Quant à la Coupe de France, je ne vois pas comment elle pourra se jouer cette saison. Ou alors ce sera soit la Coupe soit le championnat, je ne vois pas comment on peut jouer les deux. Le fait d’avoir une date de reprise de championnat, c’est une chose mais les instances administratives et techniques du football doivent réfléchir car des joueurs que l’on n’autorise pas à s’entraîner aujourd’hui devront avoir un minimum de préparation avant de reprendre la compétition au moins 15 jours à 3 semaines. Cela veut dire que même si on est autorisé à reprendre le premier ou 2 janvier, les compétitions ne pourront pas repartir avant fin janvier voire début février, l’espace-temps ne va jouer en notre faveur pour vivre une saison normale. »
M.B. : De nombreux enfants vont être privés de football pendant un certain temps. Pour certains cette activité sportive est essentielle à leur bien-être physique et moral. Cela ne risque-t-il pas d’avoir des conséquences pour l’avenir ?
Jean-Louis Escoffier : « Il est évident que pour l’équilibre de chacun d’entre nous, se priver de son activité plaisir est une très grande frustration. Ce qui me rassure, c’est la faculté à oublier très vite les mauvais moments et il nous faut tenir jusqu’à Noel pour se recentrer auprès de sa famille, garant de nos équilibres respectifs. »
M.B. : Comment les joueurs de l’équipe N3 se sont-ils organisés et comment peuvent-ils conserver leur condition physique après un arrêt d’un mois voire peut-être plus ?
Patrick Trotignon : « Nous avons équipé chaque joueur d’un équipement minimum de préparation physique. Ils seront équipés d’un polar, c’est à dire un cardiofréquencemètre. Lorsqu’ils feront les activités physiques, nous maîtriserons tout, le préparateur physique pourra imposer des exercices physiques et avec le polar porté pendant la séance, le joueur ne pourra pas tricher et devra respecter le rythme qui sera imposé. Ensuite, nous espérons que nos instances pourront déroger à certaines règles, si la courbe de l’épidémie va dans le bon sens, et nous permettent de reprendre l’entraînement le plus tôt possible. On est en National 3 et on a des joueurs fédéraux dont le football est la profession. Imaginez un joueur dont le football est le métier et qui ne peut plus s’entraîner pendant deux mois, c’est très très difficile de les récupérer. Là, si on cumule l’arrêt du premier confinement, celui des vacances d’été et maintenant ce nouveau confinement, ça devient très compliqué à gérer surtout qu’il faut éviter les blessures et bien gérer les organismes »
M.B. : Cette saison pas de tournois, pas de loto ni de Noel à l’école de Foot. Une fois que nous aurons traverser cette période difficile, les gens ne risquent-ils pas finalement de se recentrer sur eux-mêmes et ne plus s’intéresser à toutes ces animations qui font la vie du club et qui génèrent du lien social ?

Jean-Louis, Escoffier, président de l’Association Thonon Evian Grand Genève FC
Jean-Louis Escoffier : « Le lien social est le moteur de la vie associative. On remet de l’essence dans la machine et tout repart comme avant, donc je ne suis pas inquiet du redémarrage et pense même, que la volonté de faire mieux sera très présente »
M.B. : Après l’arrêt prématuré de la saison dernière auquel s’ajoute ce nouveau confinement, l’avenir sportif du club pourrait-il être en danger ?
Patrick Trotignon : « Je ne le pense pas parce que les dispositifs administratifs mis en place par le gouvernement notamment le chômage partiel permettent aujourd’hui de pouvoir mettre la quasi totalité du club en inactivité. Il y a d’autres préjudices physiques et moraux comme cités précédemment mais je ne crois pas que ça puisse mettre l’avenir sportif du club en danger et si c’était le cas, ça en mettrai d’autres également. Mais c’est sur que le football dans son intégralité va subir les méfaits de cette crise totalement inédite et inattendue. »
M.B. : Un mot pour nos partenaires économiques et institutionnels, nos supporters, dirigeants et salariés ?
Jean-Louis Escoffier : » Ce virus est un vrai problème à ne pas sous estimer en aucun cas !!. A tous nos partenaires, qu’ils soient publiques ou privés, nos dirigeants, les parents, les supporters, les licenciés et les salariés : prenez soins de vous et votre entourage, gardons confiance à l’avenir de notre club, qui est parti à nouveau pour nous faire rêver, Ravy Truchot et ses équipes travaillent pour ça !!! »
Patrick Trotignon : « J’ai une pensée particulière pour l’ensemble des salariés du secteur administratif et du secteur sportif , les joueurs en particulier qui subissent un arrêt brutal et qui ne peuvent plus exercer leur métier. Je pense aussi à nos dirigeants et à notre propriétaire Ravy Truchot qui a investi massivement pour que ce projet séduisant et excitant. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui mettent de l’argent dans le football et dans les conditions actuelles c’est courageux de le faire mais c’est aussi difficile à supporter.
J’ai une pensée pour les supporters parce qu’on commençait à avoir une affluence digne de ce nom au stade Moynat. On a envie de faire plaisir à nos supporters et à l’ensemble du territoire car un club qui gagne, c’est un territoire qui gagne et on s’était mis dans cet état d’esprit en voulant redorer les lettres de noblesse du football thononais et évianais.
Les partenaires économiques et institutionnels subissent également de plein fouet cet arrêt car nous sommes un support de communication et aujourd’hui nous ne jouons plus notre rôle. Ceux qui nous ont fait confiance pour associer leur nom au club ne peuvent actuellement pas bénéficier de leur investissement et nous attendons avec impatience le retour à la normale »
Propos recueillis par M.B.
